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10e édition du Graffic Art Festival à Puteaux

Thème  du festival : J'ai 10 ans !

Chaque année, il y a 2 événements street art à ne pas rater en banlieue ouest : celui de la Défense et celui de Puteaux. Ils tombent à peu près sur le même week-end et l'on peut voir les artistes à l'ouvrage.

 

L'année prochaine, j'essaierai d'en faire autant à la Défense. Mais cette année, j'ai pris le temps d'aller faire des petites séances photo des œuvres à Puteaux, d'abord en cours de réalisation, puis une fois achevées. 

D'autant que la programmation de cette édition qui fête les 10 ans du festival était très prometteuse !

 

Je n'ai pas été déçue par les résultats, et encore moins par le fait de voir les artistes à l'œuvre. 

Chacun avait sa propre méthode : travail à partir d'un dessin préparatoire sur une feuille grillagée, œuvre en miniature sur le téléphone portable, ou une bonne part d'improvisation face à la surface blanche (ou noire).

 

 

On commence par les pros de la 3D, Nikita et Sweo, qui avaient 2 trompe-l'œil en ville et une toile sur la place de la mairie. Une photo montre le trompe-l'œil tel qu'il apparaît au 1er coup d'œil, puis tel qu'il se révèle une fois sur l'emplacement qui permet à la magie d'opérer.

Un beau mélange de lettrage et de graphisme pour leur toile. Le thème des 10 ans s'exprime par une petite fille qui fait de drôles de bulles de chewing-gum... 

Nikita se chargeant de la petite fille, Sweo des bulles et du lettrage, du peu que j'ai pu voir :

 


On continue sur les trompe-l'œil avec Braga last 1, dont le personnage semble nous regarder en retour quand on trouve le bon emplacement pour le voir.


Après Nikita et Sweo, un autre exemple de collaboration à la médiathèque, avec Stom 500 et Nicolas Barrome, qui livrent des personnages qu'on pourrait croire tout droits sortis d'une BD déjantée, hors de contrôle et passant à travers les murs de l'édifice pour s'exprimer à l'extérieur !


Marko 93, qui aime représenter des félins et mélange agréablement calligraphie et figure, était là aussi. 

J'ai été incroyablement surprise de découvrir que, contrairement à ce que je croyais, il commençait par les effets calligraphiques ! Avec l'avant-après, on peut même s'amuser à retrouver la base dans l'ouvrage final, notamment le "93" et "J'ai 10 ans" :


Avec quelques marques posées au départ, Laec one mêle une figure évidente de l'enfance - la mienne en tous cas avec Tomb Raider - et un fond travaillé de dégradés de couleurs. 


Dans un style plus ''girly'' et de nombreuses références à l'univers enfantin, Kaldea a livré un camaïeu de roses avec une figure centrale à la bouche de geisha et de longs cheveux flottants dignes d'un manga.


Une déflagration de couleurs avec Jo di Bona. Une évolution facile à comprendre pour le passant, puisqu'il procédait couleur par couleur, avec des petits ajouts au pochoir en route (cercles blancs sur fond rouge).

 

La surprise a été gardée jusqu'à la fin, puisque je cherchais le lien à l'enfance et qu'en fin de journée, quand je suis repassée, un collage en plein centre avait été ajouté, faisant habilement croire qu'un enfant sort la tête de cet autre monde en technicolor...


Un artiste que je ne connaissais pas et fut pour moi une belle découverte : Bust the Drip.

J'ai senti une envie de produire un élan, un mouvement avant tout. Et je n'ai pas été surprise de découvrir après coup qu'il s'était lancé dans le street art par le biais d'amis qui l'y avaient incité, lui-même étant avant tout un danseur de hip-hop.

 

On sent la dynamique du danseur dans cette œuvre je trouve. Avec un paysage réalisé au pinceau, puis les corps dans un second temps.


Contrairement à Jo di Bona qui a travaillé par couleur, Sema Lao a avancé sur son œuvre morceau par morceau, en corrigeant et ajustant les couleurs selon son impression. 

Encore une fois, je n'aurais jamais cru qu'elle procédait de cette manière, d'où un émerveillement certain à voir travailler les artistes qu'on connaît déjà à travers leurs œuvres achevées. 


Flow a décidé de fêter les bougies des 10 ans en compagnie d'Alice, dans un mélange chromatique entre noir et blanc et photo couleurs.

Pour lui comme pour d'autres, le travail était déjà bien avancé et la différence entre l'avant et l'après est moins riche en surprises.


Hopare, ami de Bust the Drip, qui était en charge de l'une des 2 grandes fresques sur l'hôtel de ville ; fresques quelquefois laissées en grande partie vide par les artistes selon les éditions (le timing est un peu court et le format monumental). Cette année, elles étaient bien remplies !

Cette muse de l'enfance a une intéressante calligraphie tatouée sur le corps... 


L'une des grandes stars de l'édition, que je n'étais pas sûre de voir venir vu la situation sanitaire aux USA en ce moment, c'est BKFOXX. Mais non seulement elle était là, mais elle a pris très à cœur la taille de son format (l'autre grande fresque de la mairie) pour nous dévoiler un placard d'enfant ultra chargé, qui lui a demandé une semaine de travail !!

C'était émouvant de voir l'évolution tous les 2 jours et j'en ai eu mal au cœur de savoir que l'œuvre resterait si peu de temps une fois finie...


L'artiste Sock, dont j'ai beaucoup aimé la douceur de l'œuvre, avec cette jeune fille endormie et cette rigolote petite souris chargée de récolter la dent. 


Pour les autres, je suis arrivée soit trop tôt (peu de chose à photographier), soit trop tard (œuvre quasi finie), aussi je me suis contentée de prendre en photo le résultat final. J'ai tout de même pu observer la méthode de lancement de Temponok, qui donne à ses graffs des allures de transparence et semblait se lancer sans aucun dessin préparatoire, mais avec une idée précise en tête.

 

J'ai dû raté le Cycklop de peu, puisque je suis passé devant des poteaux déjà peints, mais sans yeux (qu'il ajoute au pochoir une fois la 1ère couche de peinture sèche). 

 

Je vous laisse apprécier dans l'ordre les oeuvres de : Anna Conda, Jackson KS, Jordane Saget (alias J3), le Cycklop, Mlle Maurice, Noarnito, Sino (le plus local de l'édition), Swed, Temponok et Théo Haggaï. 


Il y avait également 2 oeuvres collaboratives, plutôt destinées aux enfants, mais nous avons ajouté notre petite pierre à l'édifice pour celle de 2flui, qui a largement sublimé les écritures laissées par les passants. Pour voir notre petite contribution, cherchez la flèche rouge (comme aurait dit Jeff) : elle indique le début d'un ''Love Yourself''.

 © Caroline Weber